Conseil du Gouvernement du 22 Février 2019 au Palais d’Etat de Mahazoarivo

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COMMUNIQUE DE PRESSE

Conseil du Gouvernement – Vendredi 22 Février 2019 Palais d’Etat de Mahazoarivo

En marge de l’ordre du jour préétabli lors du conseil du gouvernement du vendredi 22 février 2019 dernier, le Premier ministre, chef du gouvernement a évoqué deux sujets importants au centre des préoccupations gouvernementales actuelles.

I.- INSÉCURITÉ DANS LE DISTRICT DE TSARATANANA

D’abord, l’insécurité dans le district de Tsaratanana qui prend une ampleur considérable, avec les cas d’enlèvements et les vols de bovidés répétés ces derniers mois.
Des mesures conjointes ont été prises par le ministre de la défense nationale, le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, le ministre de la sécurité publique et le secrétaire d’Etat chargé de la gendarmerie. Une opération de sécurisation a été déclenchée, des éléments de renfort ont été envoyés sur les lieux. Les représentants étatiques locaux qui n’ont pas pu mener à bien leurs missions ont été sanctionnés et démontés de leurs fonctions.
Des résultats ont déjà été obtenus, notamment la libération de toutes les victimes de kidnappings, dont la dernière est une fille mineure de 14 ans, enlevée le 14 fevrier dernier et libérée le 21 février vers 21 heures. Jusque Jusque là, 20 ravisseurs présumés et complices ont été arrêtés, dont 3 gendarmes également soupçonnés d’etre des complices des malfaiteurs.
Le 19 février 2019 vers 15 heures, à Antanambao commune de Bekapaika, une dizaine de bandits munis d’un fusil kalachnikovs et de fusils de chasse ont dérobé 40 bovidés et incendié des maisons d’habitation. Étrangement, ces bandits ont pu agir en toute tranquillité parce que les gendarmes du poste fixe d’Antanambao en étaient absents.
Ils ont répondu à la sollicitation d’un président du « Dina » local dénommé Tomboasy venu les voir avec 7 hommes pour soi-disant leur demander de les escorter « afin de vérifier la présence des bufs volés dans un pâturage pourtant assez éloigné du village attaqué. Or, après vérification, il n’y a eu aucun troupeau volé sur les lieux indiqués. Le dénommé Tomboasy avec ces 7 hommes ont été arrêtés, consécutivement à une suspicion de complicité concernant cette attaque. Une délégation gouvernementale, dirigée par le Premier ministre effectuera cette semaine une descente dans les zones rouges du district de Tsaratanana pour constater l’effectivité de l’opération menée, encourager les éléments des forces de sécurité sur place et rassurer la population locale de la présence et du soutien de l’Etat à son endroit

II.- SUSPENSION DES MISSIONS DE POLICE DE LA ROUTE

Ensuite, la décision gouvernementale de suspendre les missions de police de la route.
La principale raison de la décision a trait à la multitude de remarques défavorables des usagers de la route pour tracasseries inutiles et actes de corruption lors des services de police de la route.
Le gouvernement tient à préciser qu’il s’agit d’une suspension, donc provisoire, et nullement d’une annulation définitive des missions de police de la route, comme on chercherait à le faire croire pour attiser une certaine grogne au sein de la police nationale. Par ailleurs, il n’a jamais été question de remettre en cause le pouvoir de verbalisation reconnu aux missions de police de la route.
La suspension est justifiée par le souci de ne pas donner davantage d’opportunités à la corruption, un plan de réforme est ainsi à mettre en oeuvre dans les meilleurs délais possibles, l’ensemble des corps de la police mais également les citoyens en général sont d’ailleurs invités à avancer des propositions de mesures dans le cadre de la réforme à initier. L’objectif est d’accoucher des mesures cohérentes et innovantes, pouvant obtenir l’adhésion aussi bien des policiers que des usagers en général pour assurer la mission de police de la route, entrant dans le cadre de la police administrative.
En attendant, le ministère de la sécurité publique et le secrétariat d’Etat chargé de la gendarmerie ont pris des premières mesures nécessaires:
– sensibiliser les usagers de la route à continuer à dénoncer les abus, les mauvais agissements et surtout les extorsions de fonds et autres actes de corruption commis par les gendarmes et les policiers sur les axes routiers.
– les policiers ou gendarmes faisant l’objet d’une dénonciation fondée feront l’objet de sanctions disciplinaires exemplaires, voire de poursuites pénales.

Antananarivo, 24 Février 2019
Les Porte-paroles du Gouvernement
Lalatiana Rakotondrazafy ANDRIATONGARIVO
Ministre de la Communication et de la Culture
Lucien Irmah NAHARIMAMY
Ministre de la Population, de la Protection Sociale et de la Promotion de la Femme

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