Conseil des Ministres du Jeudi 07 Février 2019

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Antananarivo, le 07 Février 2019

Un conseil des ministres, dirigé par le Président de la République, Andry Rajoelina, a eu
lieu au Palais d’Etat d’Ambohitsirohitra, le jeudi 07 février 2019 à partir de 16h30.

I.-COMMUNICATIONS

PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE

-Communication et explications techniques sur l’accident survenu à Ampamarinana,
Antananarivo.
Le Président de la République, Monsieur Andry Rajoelina a voulu revenir sur ce sujet, pour réitérer l’urgence de la situation. Une projection vidéo suivie d’une explication technique sur la situation réelle qui prévaut sur le site d’Ampamarinana a été faite.
Les experts ont conclu à l’existence d’un risque permanent et imminent relatif à la fragilité des rochers, notamment sur le flanc ouest. Des zones d’impacts directs et indirects ont été identifiées, d’où l’urgence impérieuse d’évacuer ces zones qui concernent 339 foyers. Le Président de la République a donné instruction à ce que ces zones soient bien délimitées par des indications claires et facilement compréhensibles pour les riverains.
Deux sites de relocalisation provisoires sont mis à leur disposition, le Village Voara et
Iharinarivo Ambohidratrimo. Toutefois, les sinistrés dont les maisons ont été détruites par les deux précédents glissements de rochers à Tsimialonjafy et à Ampamarinana sont priorisés.
Le Président de la République a également préconisé la tenue d’un audit sur l’octroi des
permis de construction et d’habitation dans ces zones, normalement inconstructibles et
inhabitables. Ce sera seulement à l’issue de l’audit que le plan d’indemnisation et d’aide à la relocalisation sera mis en œuvre.
-Communication relative au problème d’insécurité à Madagascar
La reprise des attaques à mains armées, les kidnappings en ville ou dans
les campagnes ces derniers jours sont perçus comme une défiance à l’égard de l’autorité de l’Etat. Malgré les efforts déployés sur le terrain, il semble que les dispositifs et les mécanismes en place trouvent leurs limites pour endiguer et éradiquer ce fléau. Les malfaiteurs osent braver les forces de l’ordre en opérant à des heures de pointe au sein des grandes agglomérations au vu et au su de tous.
Il est temps de mettre fin à cette situation. Il est impératif de renforcer la présence de
l’Autorité au sein de la société. En l’état actuel de la situation, les malfaiteurs ont l’assurance qu’ils peuvent agir à leur guise. En attendant la mise en place des nouvelles structures pour lutter contre l’insécurité comme les forces spéciales, il faut déployer tous les moyens disponibles pour démanteler les réseaux qui montent de véritables opérations « commandos » en pleine ville et des actes de terrorisme dans nos campagnes comme à Tsaratanàna. La crédibilité de la parole publique et de l’efficacité de l’Etat en dépendent. Des mesures ont déjà été adoptées et appliquées antérieurement, sous la direction du Premier Ministre, pour lutter contre le kidnapping. Des instructions ont été données au Ministère de la Justice ainsi qu’aux différentes forces de l’ordre, dans la lutte contre le grand banditisme et la grande criminalité. Des résultats ont été constatés à l’issu de ces nouvelles dispositions.
Il est ainsi important de continuer à déployer les efforts fournis précédemment, de renforcer et d’améliorer les dispositifs et système de sécurité mis en place. Le chantier est vaste et la sécurité des citoyens doit faire partie des priorités. Le ministres de la défense nationale, le ministre de la sécurité publique ainsi que le secrétaire d’Etat chargé de la gendarmerie nationale ont exposé leurs stratégies respectives, et les mesures urgentes qui doivent être prises pour renverser la tendance croissante de l’insécurité à Madagascar d’une manière générale et dans nos villes en particulier. La peur doit changer de camp, selon la consigne du Président de la République.
En tout état de cause, la prise de mesures drastiques citées ci-après ont été annoncées:
– La mise en place d’un système de renseignements efficace par le renforcement des
échanges d’informations entre les forces de l’ordre et le Ministère de la Justice
– L’adoption d’une politique pénale sévère dans la lutte contre l’insécurité et surtout en
matière de kidnapping, de banditisme en ville et dans nos campagnes, mettant en
exergue la direction des enquêtes judiciaires et les réponses pénales.
– La mobilisation et coordination de toutes les forces de l’ordre pour la mise en place d’un système de quadrillage des villes particulièrement la nuit et ce, afin de rassurer la
population pour instaurer un climat général de sécurité;
– La création de prisons spécialisées de « haute sécurité » pour incarcérer les auteurs des infractions liées à l’insécurité notamment en matière de crimes de sang, de vols de
zébus, d’attaque à mains armées,
– Le démantèlement des réseaux de kidnapping.
Le Président de la République a indiqué qu’il faut fixer des objectifs pour qu’il y ait un nouveau visage de la sécurité à Madagascar dans les six mois à venir. Ainsi, les actions urgentes suivantes ont été initiées :
-achat de cinq hélicoptères par l’Etat malgache à mettre à la disposition des forces de sécurité pour qu’elles puissent agir très rapidement. Ces hélicoptères seront disponibles à Madagascar dans deux mois.
-Inventaire des matériels roulants (voitures, motos) achetés l’année dernière et qui sont censés avoir été utilisés par les forces de l’ordre. Renforcement de l’équipement par l’achat de nouveaux véhicules.
-Dotation en armes pour les éléments des forces de l’ordre et de la sécurité. Le dernier
approvisionnement en armes de nos hommes en treillis date de 1975, il est grand temps de les doter de nouveaux équipements, pour que les forces armées retrouvent leur dignité d’antan.
-Communication relative à l’accompagnement des Chefs d’institution au départ et à
l’arrivée de voyages officiels.
Les objectifs que le nouveau gouvernement a fixés pour relever le Pays sont ambitieux. Il a été promis d’opérer des changements dans la vie de la Nation. Le changement commence par une discipline et une rigueur dans la conduite des affaires de l’Etat. Cela va se traduire nécessairement à travers des réformes au sein de l’Administration tant au niveau collectif qu’à l’échelle individuelle.
Toutes autorités administratives, tous agents de l’Etat doivent contribuer à l’atteinte de cet objectif afin d’assurer la bonne marche du Pays d’une manière générale et celle de
l’Administration en particulier. En conséquent, tous les moyens et ressources alloués aux différents organismes étatiques pour satisfaire les missions d’intérêt général doivent être utilisés de manière efficiente, tant en termes de temps que de ressources humaines et budgétaires.
Pour ce faire, il n’y aura désormais plus de rituels d’accompagnement ou d’accueil d’un
Chef d’Institution quand celui-ci part ou revient d’un voyage officiel à l’étranger. En effet, le déplacement du Premier Ministre, de Ministres ou de Parlementaires à l’aéroport international d’Ivato constitue une perte de temps pouvant être alloué aux missions qui leur incombent au titre de leurs fonctions respectives. Cela leur permettra d’assurer le fonctionnement optimal de l’Administration publique.

II.- ADOPTION DE TEXTES REGLEMENTAIRES

PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE

– Décret portant création d’un Bureau de doléances auprès de la Présidence de la République.
Ce Bureau de doléances auprès de la Présidence est notamment chargé de :
– Recueillir les plaintes et doléances liées à la mission de l’Administration publique
adressées à l’endroit du Président de la République ;
– Mener des investigations préliminaires sur les cas rapportés (gestion douteuse,
inefficacité, corruption ou abus de tout agent du service public) ;
– Transmettre aux autorités compétentes du secteur concerné par la plainte, le traitement des dossiers dénoncés ;
– Saisir les autorités habilitées d’enclencher une procédure de poursuite à l’encontre des auteurs des faits dénoncés.

MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES

– Décret fixant le régime de délivrance des Passeports de services de la République de
Madagascar et abrogeant le décret n°62-239 du 30 mai 1962 portant création d’un
passeport de service de la République malgache
– Projet de décret modifiant et complétant le décret n°2001-580 du 27 juillet 2011 abrogeant les dispositions des décrets n°99-364 du 17 mai 1962, n°87-022 du 21 janvier 1987 modifiant le décret n°62-240 du 30 mai 1962 portant création d’un passeport diplomatique de la République de Madagascar et remplaçant par les dispositions nouvelles

III.- NOMINATION AUX HAUTS EMPLOIS DE L’ETAT

PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE

-Décret abrogeant les dispositions du décret n°2018-313 du 11 avril 2018 portant nomination du Directeur de la Communication de la Présidence de la République

L’ordre du jour ayant été épuisé, la séance a été levée à 20h00 du soir.

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